Graphiste en Auto-Entrepreneur / Micro-Entrepreneur : avantages

Graphiste auto-entrepreneur : les avantagesSi vous souhaitez démarrer une activité de graphiste en freelance, plusieurs statuts sont possibles.

Dans cet article, je vais vous parler de l’activité de graphiste en Auto-Entrepreneur ou Micro Entrepreneur, puisque c’est le statut que je connais le mieux, étant moi-même AE depuis 2013.

Nous allons voir dans un premier temps quels sont les avantages de ce statut.

 

Les avantages du graphiste sous le statut d’Auto-Entrepreneur :

Vous fixez vos tarifs :

En tant que graphiste Auto-Entrepreneur, vous fixez vos prix, vous déterminez librement à quel taux horaire et journalier vous serez rémunéré. Le tarif horaire/journalier se calcule à partir de toutes les dépenses, charges et frais liés à votre activité (logiciels, de matériel, ressources graphiques, location d’un bureau si vous ne travaillez pas chez vous, électricité, etc…), des marges que vous souhaitez dégager de votre chiffre d’affaire, des jours chômés ou congés à prévoir. Il est ensuite divisé par le nombre de jours travaillés. Attention, un freelance ne travaille ni 30 ni 20 jours par mois, mais moins que ça. En effet, le freelance devant gérer la prospection, la relation client et sa comptabilité seul, il le fait durant sa journée de travail. Ces heures de travail ne sont pas rémunérées. Un freelance qui débute pourra passer la moitié de sa journée de travail à prospecter et rédiger des devis, le reste à travailler sur des commandes rémunérées. Au fil des années, le réseau de clients prend forme, et le freelance passera de moins en moins de temps, voire plus du tout, à prospecter. Avec un bon réseau de clients et un site internet bien référencé, vous ne chercherez plus vos clients, c’est eux qui viendront à vous.

Attention : un débutant aura tendance à vouloir proposer des tarifs bas, afin d’avoir plus de chances de décrocher une commande. Je vous le déconseille. Des tarifs trop bas dévalorisent votre travail (et le métier de graphiste en général), et n’inspirent pas forcément confiance. De plus, proposer des tarifs plus bas que la valeur de votre travail c’est ouvrir une porte aux abus. Beaucoup en profiteront pour vous faire travailler beaucoup en vous payant peu. Votre objectif si vous vous installez à votre compte est de gagner votre vie décemment sans vous faire exploiter. Proposer des prix défiant toute concurrence vous amènera sans aucun doute des clients, mais mieux vaut privilégier 2-3 clients qui vous payent correctement, plutôt que 10 clients qui vous payent une misère. Démarrez donc votre activité avec un tarif horaire/journalier cohérent avec vos charges, votre expérience et les prix du marché.

Pour plus de précisions concernant la rémunération d’un graphiste freelance, je vous invite à lire un article très complet de Marie & Julie sur le sujet : cliquez ici.

Vous fixez vos horaires :

Qui dit freelance dit : vous êtes votre propre patron. Vous pouvez donc librement choisir vos horaires de travail. Tout le monde fonctionne différemment : 10h – 19h, 8h – 17h, midi – 20h, une ou deux heures de pause déj’… Vous pouvez adapter vos horaires en fonction de ce qui correspond le mieux à votre mode de vie et à votre façon de travailler.
Se fixer des horaires précis est très important. J’en parlerais plus en détail dans l’article sur les inconvénients, mais une des clés pour fonctionner correctement sur le long terme est de bien découper sa journée. Cela permet de séparer clairement votre temps de vie perso de votre temps de travail, surtout si vous travaillez à domicile. Par exemple, ne plus répondre à vos mails ou au téléphone à partir de 17h (si votre journée finit à 17h) est capital. Personne ne vous payera vos heures sup’ et personne ne viendra vous dire d’arrêter de travailler si vous ne vous l’imposez pas.

Exonération de TVA ou régime de franchise en base de TVA :

En tant que graphiste sous le statut d’Auto-Entrepreneur ou Micro-entrepreneur, vous êtes exonéré de TVA tant que vous ne dépassez pas un certain seuil de chiffre d’affaires annuel. Dans la plupart des cas, votre activité de graphiste en AE sera une activité dite libérale. En activité libérale, vous serez exonérés de TVA jusqu’à 33 200€ de CA annuel. Concrètement, cela veut dire que tant que vous êtes en dessous de ce seuil, vous facturez TOUTES vos prestations hors taxes. Vos tarifs sont mentionnés « HT », et vous devez ajouter la mention obligatoire suivante sur toutes vos factures :  « TVA non applicable, article 293 B du Code Général des Impôts« . Vous ne collectez pas de TVA sur vos prestations facturées, et vous ne la reversez pas à l’Etat. Dès que vous dépassez 33 200€ de chiffre d’affaires, vous entrez dans le « seuil de tolérance », et lorsque vous atteignez 35 200€ de CA annuel, vous êtes alors dans l’obligation de collecter puis de reverser la TVA.

Pour plus d’infos concernant le régime de franchise en base de TVA; je vous invite à consulter l’article très complet de Portail Auto-Entrepreneur : cliquez ici.

Comptabilité simplifiée de l’Auto-Entrepreneur :

Pas de TVA :

En tant que graphiste en Auto-Entreprise, vous avez quelques obligations en terme de comptabilité, mais rien qui ne devrait nécessiter de faire appel à un comptable. Nous l’avons vu ci-dessus, l’exonération de TVA jusqu’à 33 200€ de CA simplifie déjà fortement vos démarches comptable, puisque tant que vous ne dépassez pas le seuil, vous n’aurez pas besoin de ressortir toutes vos factures pour reverser la TVA  à l’Etat une fois par an lorsque vous réaliserez votre bilan comptable.

Livre de recettes :

Sous le statut d’Auto-Entrepreneur, vous avez cependant l’obligation de tenir un livre de recettes. Concrètement, le livre de recettes détaille les infos suivantes, pour chaque prestation effectuée : nom du client, numéro de la facture, date, montant, méthode de règlement utilisée (si il s’agit d’un chèque, vous devez mentionner le numéro de la remise du chèque). A quoi ça sert ? A la base, ce livre de recette permet aux autorités compétentes de faire facilement les vérifications nécessaires en cas de contrôle. Puisque vous n’avez pas l’obligation d’effectuer un bilan comptable, le livre de recette permettra de visualiser clairement ce que vous avez facturé, quand et à qui.
Pour vous, il s’avérera être un outil précieux pour votre gérer votre comptabilité. Avec un livre de recette clair et précis, vous ferez votre déclaration mensuelle ou trimestrielle de CA en quelques minutes seulement. Au lieu de fouiller dans vos dernières factures et d’additionner leurs montants pour faire votre déclaration, il vous suffira d’ouvrir votre livre de recettes et de reporter le CA encaissé sur le mois ou le trimestre dans votre feuille de déclaration. Voici le modèle de livre de recettes que j’utilise, n’hésitez pas à le copier ou vous en inspirer si besoin !

Factures :

Naturellement, sous le statut d’Auto-Entrepreneur ou Micro-entrepreneur vous êtes tenu de rédiger une facture pour chaque prestation. Chaque facture devra comporter un certain nombre de mentions obligatoires. Pour en savoir plus, je vous renvoie une fois de plus sur le blog très complet du Portail Auto-Entrepreneur : cliquez ici.

Devis :

L’émission d’un devis avant chaque prestation n’est pas obligatoire, elle est cependant fortement conseillée. En effet, un devis signé par un client est un document contractuel, qui vous engage et qui engage le client. Un devis détaillé et signé par le client sera la première « pièce à conviction » légale en cas de litige avec un client (un client qui ne paye pas, un client qui demande une prestation supplémentaire pour le même prix, etc). Le devis reprend généralement les points énoncés dans le cahier des charges de la commande si vous en rédigez un. Il détaille l’intégralité de la prestation, son tarif, et les parties engagées, sa date de validité, etc.

Les cotisations sociales du graphiste Auto-Entrepreneur :

N’importe quelle société doit payer des cotisations sociales, et l’Auto-Entrepreneur n’y échappe pas ! Les cotisations sociales de l’AE sont très intéressantes.

  • Vous payez des cotisations sociales proportionnelles à votre chiffre d’affaires, en libéral et sans aides les cotisations sont autour de 22% de votre chiffre d’affaires.
  • Lorsque vous créez votre Auto-entreprise/Micro-entreprise, vous pouvez bénéficier d’un abaissement conséquent de ce taux durant les premières années de votre activité, sous certaines conditions.
  • Si vous déclarez zéro euro de CA : vous payez zéro euro de cotisation. Ce qui n’est pas le cas sous d’autres statuts.
  • Paiement mensuel ou trimestriel : en AE, vous choisissez la déclaration mensuelle ou la déclaration trimestrielle de votre chiffre d’affaires. Vous payez vos cotisations le mois suivant votre déclaration. Pour ma part j’ai choisi la déclaration trimestrielle. Par exemple : en avril, je déclare le CA de janvier+février+mars (premier trimestre). Début mai je suis prélevée des cotisations du premier trimestre, et ainsi de suite.

Assurance responsabilité civile professionnelle pour le graphiste Auto-Entrepreneur :

L’assurance responsabilité civile professionnelle, ou RC Pro, est obligatoire pour les professions réglementées et les métiers de la construction. Graphiste n’étant pas une profession réglementée, vous n’avez aucune obligation de souscrire à une RC Pro. La RC Pro vous garantie contre les dommages matériels, immatériels ou corporels causés à vos clients/fournisseurs/partenaires. Libre à vous de choisir si vous préférez vous assurer ou non.

Dispense de Stage de Préparation à l’Installation (SPI) :

Depuis le 24 mai 2019, le SPI, qui avait été instauré et déclaré obligatoire depuis quelques années, est de nouveau facultatif. Vous ne serez donc pas obligé de le suivre pour vous installer en temps que graphiste freelance. Si vous avez besoin d’être guidé(e) avant de vous lancer, le SPI est recommandé. Vous trouverez toutefois sur internet de nombreuses ressources qui vous expliqueront tout ce dont vous avez besoin de savoir avant de commencer sereinement votre activité !

Nom commercial facultatif :

Lorsque vous ouvrez une auto-entreprise, vous l’ouvrez en votre nom propre (par exemple pour ma part « Julie Armando »). Vous n’êtes pas obligé(e) d’avoir un nom commercial pour exercer en AE. Seul le nom de votre auto-entreprise, donc votre nom et prénom, est obligatoire sur vos factures.

Cession des droits d’auteur du graphiste Auto-Entrepreneur :

Si vous avez commencé à vous renseigner sur le statut idéal pour vous lancer en temps que graphiste freelance, vous avez certainement lu tout et son contraire à propos de la facturation des droits d’auteur.

Avant la création du statut d’AE, les graphistes freelances se retrouvaient tous sous le statut d’artiste-auteur à la Maison des Artistes. Un artiste-auteur à la MDA vit exclusivement de ses droits d’auteur. Concrètement, lorsqu’un graphiste à la MDA crée un logo, il est rémunéré en droit d’auteur, et non pour la prestation effectuée. En effet, un artiste-auteur n’est pas un prestataire de services, mais bien un artiste comme son statut l’indique. Il facture donc des droits d’auteurs, et non des prestations. L’idée reçue est qu’un graphiste en AE/ME ne peut pas toucher des droits d’auteur. C’est vrai, et c’est faux ! On joue en fait sur les mots. Non, le graphiste en AE ne facture pas des droits d’auteur, oui, le graphiste AE peut facturer la cession de ses droits. En AE, vous ne facturerez donc pas à proprement parler de « droits d’auteurs ». Vous facturerez une prestation (par exemple la création d’un logo), et vous pourrez en complément facturer la « cession de vos droits« . Vous voyez la nuance ? Elle est située uniquement dans les termes utilisés ! En AE, facturer la cession de vos droits, c’est donner une valeur aux droits patrimoniaux que vous cédez à votre client. Pour se faire, il y a 2 solutions. Soit vous ajoutez une ligne avec un montant exact, par exemple : « Cession des droits d’utilisation, de reproduction, diffusion et représentation de la création de l’auteur sur une durée de … sur l’ensemble du territoire … : XXX€HT« . Soit vous incluez la cession de vos droits dans le tarif de votre prestation. Dans ce cas, au lieu d’un montant, vous indiquerez « Rémunération forfaitaire incluse dans le tarif global« .

La cession de vos droits n’est pas obligatoire, mais fortement conseillée, afin de « cadrer » l’utilisation qui sera faite de votre création, et de toucher une rémunération en conséquence. Céder ses droits patrimoniaux ne revient pas à céder ses droits moraux. Vos droits moraux sont inaliénables. En cédant vos droits patrimoniaux, vous restez le seul et unique auteur de votre création. Lors de la cession des droits, vous déterminez la nature des droits patrimoniaux que vous cédez : le droit d’utiliser, de reproduire, de diffuser, de représenter votre création, pour une certaine durée, sur un certain lieu. Si vous mentionnez noir sur blanc ce que cous cédez dans votre facture, vous pourrez avoir des recours si le client utilise votre création d’une façon contraire à la cession établie.

Voilà les principaux avantages du métier de graphiste sous le statut d’Auto-Entrepreneur ! Je vous invite, si vous le souhaitez, à lire mon article suivant : « Graphiste en AE/ME : inconvénients » en cliquant ici.

N’hésitez pas à réagir par commentaire ci-dessous ! Dites moi si cela vous a aidé à prendre votre décision de vous lancer en Auto-entreprise, ou si vous voyez d’autres points qui pourraient compléter ma liste des avantages du graphiste en Auto-entreprise !

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