La commande de design graphique

Qu’est-ce qu’un·e graphiste ?

Si aujourd’hui, tout le monde peut avoir accès aux différents outils qu’utilisent les graphistes au quotidien, comme les différents logiciels de la suite Adobe (Photoshop, Illustrator, InDesign…), n’importe qui ne peut s’improviser graphiste. Graphiste, ou designer graphique, c’est un métier.

Pour plus d’infos sur le métier de graphiste et comment s’y former, n’hésitez pas à jeter un œil sur ces deux articles :

La commande de design graphique

Pourquoi faire appel à un·e graphiste ?

Faire appel à un·e graphiste, c’est s’adjoindre les compétences d’un·e professionnel·le en mesure de vous apporter sa vision et ses aptitudes au service de votre projet.

Grâce à une formation spécifique, un·e graphiste saura comprendre vos besoins, les enjeux de votre communication, et y répondre de façon créative. Le/la graphiste est au service du commanditaire (le client) et contribue de façon significative à la perception qu’aura le public des atouts de l’entreprise/la marque/structure commanditaire. Dans le but de créer d’une communication visuelle de qualité et qui fait sens, un·e graphiste est indispensable à toute entreprise/marque/structure souhaitant véhiculer une image de marque, des valeurs qui lui sont propre, et atteindre ses objectifs en terme de marketing et de communication.

Qui est le commanditaire ?

Tout le monde peut-être commanditaire d’une prestation graphique. La commande graphique peut-être ponctuelle (un affiche ou un flyer pour un événement), ou continue (commande qui s’inscrit dans le temps, ou commandes récurrentes). Un commanditaire peut travailler ponctuellement avec des graphistes différents, ou travailler sur le long terme avec le/la même graphiste. La commande graphique suit la loi de l’expérience : affinités ou non, la satisfaction ou non, détermineront la durée de l’engagement d’un commanditaire avec son prestataire. Commanditaire et graphiste sont liés durant toute la durée de la prestation par un contrat qui prend la forme d’un devis, puis d’une ou plusieurs factures.

Quel est l’objet d’une commande graphique ?

Le commanditaire peut avoir besoin d’un designer graphique pour de nombreuses raisons. En voici une liste non exhaustive :

  • Création d’une société, d’une marque, d’un produit, d’un site internet
  • Changements divers au sein se sa société (changement de nom, changement d’image, réajustement de sa cible, changement de politique commerciale, etc)
  • Lancement d’un nouveau produit, d’une nouvelle gamme de produit
  • Lancement d’une ou plusieurs nouvelles offres/prestations
  • Refonte d’une identité visuelle, d’un site internet

Les champs d’intervention du/de la graphiste

Les champs d’intervention d’un·e graphiste sont larges, ils s’étendent souvent au delà de ce que le/la graphiste présente sur son book ou sur son site internet. Aussi, si l’univers, la « patte » d’un graphiste semble coller à ce que vous recherchez, mais qu’il ne présente pas dans son book les prestations qui vous intéressent, il ne faut pas hésiter à le contacter. Par exemple, si il/elle présente principalement sur son book des projets d’édition, dans la majorité des cas, sa formation lui permet également de répondre à d’autres types de demandes, telle que la publicité, le packaging, la conception de site web, ou encore l’illustration.

Les principaux champs d’intervention du/de la graphiste sont :

Les champs d’intervention du/de la graphiste

L’identité visuelle ou le signe :

  • Logo
  • Charte graphique
  • Typographie
  • Pictogramme

L’imprimé ou print :

  • Carte de visite
  • Papeterie (tête de lettre, enveloppes, etc)
  • Affiche
  • Flyer

L’édition :

  • Livre
  • Brochure, catalogue
  • Rapport

(Ligne graphique, couverture, mise en page)

Le champ du numérique :

  • Site internet
  • Application
  • Livre numérique
  • Animation

L’espace :

  • Signalétique

L’objet :

  • Packaging

L’illustration :

  • Images fixes ou animées
  • Illustration (presse, publicitaire, mascottes, etc)

La commande graphique

Identifier ses besoins :

La première étape de la commande graphique concerne le commanditaire. Il doit définir et formuler précisément ses besoins et rédiger un cahier des charges, ou brief. Sans définition précise des besoins du commanditaire le/la graphiste ne peut répondre à la demande, puisqu’il/elle se réfère au cahier des charges de son client tout au long de son processus de création.

Le cahier des charges doit donc être clair, complet et précis, afin de couvrir l’ensemble du déroulement du projet. Il contient : la liste des besoins et exigences,  les éventuelles contraintes liées à la réalisation du projet (contraintes internes ou externes), le calendrier de réalisation et la deadline (date de livraison des créations définitives). Le commanditaire et le/la graphiste peuvent affiner ensemble la rédaction du cahier des charges. Même si le/la graphiste ne peut pas définir entièrement à votre place quels sont vos besoins, il peut cependant vous aider, par son expérience, à élaborer un calendrier de réalisation cohérent ( par exemple : premières ébauches/avant projet à telle date, retour du client sur l’avant projet à telle date, création, améliorations et modifications à telle date, livraison finale à telle date). Il peut également vous donner son expertise et ses préconisations dans le choix des supports de communication les plus pertinents par rapport à vos cibles et objectifs.

Rédiger un cahier des charges :

Plusieurs points importants doivent être détailles dans le brief ou cahier des charges.

Présentation du commanditaire :

  • L’historique : fin de mieux comprendre pour qui/quoi le/la graphiste va travailler, il est essentiel de lui communiquer quelques informations de base sur la marque/la société/la structure en question. Il s’agit ici au commanditaire de détailler brièvement sa marque/société/structure : histoire, raison d’être et organisation, cible, et valeurs.
  • La structure : quels sont les différents interlocuteurs du projet, quelle sera l’interlocuteur principal du/de la graphique et quelle est sa fonction au sein de la marque/société/structure.
  • Le contexte : dans quel contexte évolue la marque/société/structure.

Présentation du/des besoin·s :

  • Comment fonctionne la communication au sein de la marque/société/structure.
  • Quels usages pour les supports de communication commandés, quelle est leur cible ou le public visé (interne ou externe).

Présentation des objets de la commande et de ses objectifs :

Une fois les besoins déterminés, le commanditaire présente l’objet de sa commande et ses objectifs. L’objet de la commande est lié à un ou plusieurs des champs d’intervention du/de la graphiste (voir liste ci-dessus).

Pour chacun des objets visés par la commande, le commanditaire doit exposer les résultats attendus.

Par exemple : le site internet à pour objectif de faire évoluer la stratégie de communication afin de toucher la cible par le biais d’Internet et des réseaux sociaux. Ou encore : la nouvelle identité visuelle (le nouveau logo) doit permettre à la cible de mieux identifier la marque et la diversité de son offre. Ou bien : la campagne d’affichage doit permettre d’être plus proche de la cible et de communiquer telles valeurs, ou telles informations.

Précision des contraintes et impératifs techniques :

Pour chaque objet ou champ d’intervention il doit être précisé :

  • Les impératifs techniques (format/dimensions/résolution physiques pour les objets print, formats numériques pour les objets informatiques, couleurs à respecter, charte graphique à respecter, éléments graphiques ou typographiques fournis par le commanditaire)
  • L’étendue des droits cédés : la cession des droits patrimoniaux qui sera mentionnée dans le devis et la facture (quel·s droit·s cédé·s, étendue et destination de la cession).
  • Le calendrier et la deadline (date de début, date de livraison de l’avant projet, date des allers-retours concernant l’avant projet, date de réalisation du projet, date des allers-retours sur le projet développé, date de livraison finale, date de livraison des imprimés dans le cas d’une commande print).
  • Si il est défini à l’avance : le montant du budget alloué à la commande (pour la création et l’impression, dans le cas ou le/la graphiste sera l’intermédiaire avec l’imprimeur).

Le devis

Une fois le cahier des charges ou brief rédigé et transmis au/à la graphiste, ce/cette dernier·e rédige son devis. Le devis est le premier document contractuel entrant dans le processus de la commande graphique. Il reprend une grande partie des éléments du cahier des charges, donne le tarif pour chaque objet, précise le nombre d’allers-retours prévus pour chaque phase du processus de création, ainsi que de détail et le tarif de la cession des droits. Il précise également le·s acompte·s à verser par le client. Suite à la réception du devis, le commanditaire peut rédiger un bon de commande, sinon, dans la plupart des cas, le devis tient lieu de bon de commande. Il est signé par les deux parties. Le devis signé engage le/la graphiste et le commanditaire. Le premier s’engage à mener à bien et dans les temps définis la réalisation de l’ensemble des prestations détaillées dans le devis, ainsi qu’à céder ses droits patrimoniaux sur ces créations, le second à acquitter du règlement du ou des acomptes en amont, et du solde de la facture une fois les réalisations livrées et dans le délai imparti (le délai de paiement est mentionné sur la facture).

La réalisation et les échanges client-graphiste

La réalisation et les échanges

Une fois le devis signé, le/la graphiste a tout le « matériel » nécessaire pour commencer le travail graphique. Ce processus de déroule en plusieurs étapes, avec des échanges réguliers avec le client.

Les recherches graphiques

En s’appuyant sur le cahier des charges et le brief, le/la graphiste commence dans la phase de recherches. Il/elle donne corps et forme aux matériaux fournis par le client. A l’issue de ses recherches le/la graphiste propose un certain nombre de pistes graphiques ou d’ébauches, qui constituent l’avant projet.

Le commanditaire examine ces propositions, en valide une, ou demande des modifications ou ajustements à une proposition avant son développement.

Le développement du projet

Suite aux premiers échanges sur les propositions de l’avant projet, le/la graphiste développe la piste sélectionnée, en prenant en compte les différentes remarques du client.

Une fois la piste développée, le/la graphiste soumet à nouveau son travail au regard du commanditaire. Ce dernier peut proposer de nouvelles modifications sur la création.

Les allers-retours de modifications

Les corrections/modifications du projet à cette phase du processus ne doivent pas remettre en cause les étapes du projet préalablement validées. En effet, il ne s’agit pas à ce moment là de faire des « retours en arrière ». Par exemple, si le client change d’avis et décide qu’il préfère finalement développer une autre piste (proposée en avant projet, ou une piste complètement différente de ce que le/la graphiste a proposé en avant projet), ce « retour en arrière » devra être soumis à un avenant de la facture finale, puisque sa demande sort de ce qui a été défini dans le devis, et que la conduite du projet en pâtira (car elle demandera au/à la graphiste de prendre le temps nécessaire à élaborer une nouvelle proposition graphique). Les modifications/corrections doivent donc concerner uniquement la création de la phase actuelle du processus.

Afin de ne pas dépasser le nombre d’allers-retours de corrections établies dans le devis, le commanditaire doit donc s’assurer de livrer en amont au/à la graphiste le « matériel » définitif : textes définitifs, relus et corrigés, images définitives, bons codes couleurs, etc.

Il faudra donc bien distinguer les allers-retours essentiels à la validation du projet et les corrections de contenu ou les changements d’avis du commanditaire. En effet, tout aller-retour visant à affiner le projet ou à atteindre une exigence de qualité entre dans le nombre d’allers-retours définis dans le devis, tandis que les ajouts ou remplacement de textes, couleurs, images, ou tout autre élément qui ne figure pas dans le « matériel » fourni en amont, ou encore les nouvelles idées et changements d’avis du commanditaire concernant le choix de la proposition graphique préalablement validée, n’entrent théoriquement pas dans ces allers-retours préalablement devisés.

Validation

Une fois que le projet atteint la qualité attendue par le client, et les que derniers ajustements sont faits, le commanditaire valide définitivement le projet fini. Le/la graphiste livre sa création au client, et émet sa facture. Une création à portée numérique sera fournie dans le format et le type de fichier demandé initialement par le client, un logo sera fourni en différentes tailles et formats de fichiers en fonction de l’utilisation qui en est prévue, une création à imprimer sera fournie en pdf correspondant aux normes d’impressions requises par l’imprimeur choisi par le client.

Suivi du projet et fabrication

La réalisation graphique n’est finalisée que lorsque elle est imprimée ou intégrée (dans un site internet, dans l’espace public ou privée). Le graphiste assure donc un suivi jusqu’à l’impression ou l’intégration de sa création. Le/la graphiste peut également être l’intermédiaire avec le prestataire imprimeur qu’il/elle a sélectionné pour le client, et assurera donc l’échange des BAT (bons à tirer), la création de la commande d’impression (à ses frais ou à ceux de commanditaire selon ce qui a été défini dans le devis), l’éventuelle livraison dans les locaux du client, le suivi de la pose de la création dans l’espace public ou privé, et le service après vente dans le cas d’une commande imprimée qui ne serait pas conforme à ce qui a été commandé auprès de l’imprimeur.

Rappel sur la propriété intellectuelle

Dans le cadre d’une commande graphique, le/la graphiste cède ses droits patrimoniaux pour l’utilisation de la création vendue. Ces derniers ne doivent pas être confondus avec les droits moraux de l’auteur.

La cession des droits patrimoniaux

Les droits dits patrimoniaux sont les droit de reproduction et/ou d’exploitation de la création. L’auteur de la création définit les droits qu’il cède, la durée de la cession, et le lieu d’application. Cela correspond à ce que le commanditaire peut faire, pendant combien et temps et où, avec la création du/de la graphiste. Ces droits sont cédés à titre exclusif au commanditaire et détaillés dans le devis et la facture. (Article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle)

En application du respect de la paternité du/de la graphiste sur l’oeuvre (ses droits moraux), toute réutilisation dans un contexte qui n’est pas défini dans la cession des droits patrimoniaux, ou toute modification ultérieure de cette création requièrent l’autorisation préalable de leur auteur.

Les droits moraux de l’auteur d’une création

Les droits moraux ne peuvent pas être cédés au client. Ce droit est perpétuel, inaliénable et imprescriptible. Il s’agit du droit « naturel » que l’auteur a sur l’oeuvre qu’il a créé. En conséquent, un·e graphiste ne peut céder ses droits moraux. La création lui appartient. Elle peut être transmise à ses héritiers à sa mort, ou tomber dans le domaine public après une certaine période après sa mort. (Article L121-1 du Code de la propriété intellectuelle)

La livraison des fichiers sources

Si ce n’est pas prévu dans le devis, le/la graphiste n’est pas obligé de livrer au client le fichier source ou fichier « natif » de sa création (le fichier modifiable directement dans le logiciel de création). Cette propriété exclusive de ses fichiers sources lui permet d’éviter la violation de ses droits d’auteur dans une certaine mesure.

J’espère que cet article vous aura aidé à y voir plus clair sur les différentes étapes de la commande graphique.

N’hésitez pas à réagir en commentaire si vous avez des questions, ou si vous pensez que certains points méritent d’être améliorés ou précisés 😉

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